Bol d’or classique : 1er roulage et casse moteur

Vivre la moto
// 01/06/2018

Il y a des moments où rien ne va et le jeudi à peine passé est de ceux là. La semaine dernière, nous avons enfin récupéré notre belle Suzuki GSXR750 de 1991 avec laquelle nous avons prévu de faire le Bol d’Or classique. Le moteur tourne enfin nickel. Fred, de Concept Moto à Chauffailles du côté de Mâcon, nous a refait le moteur aux petits oignons. La moto sort fièrement 120 cv avec une belle courbe de puissance sans trou. C’est largement suffisant vu mon niveau actuel sur piste. Les pistons étaient mort et les joints moteur avaient été collés à la patte à joint. Résultat, on n’avait pas de compression.

Hier, Bruno Prokhoroff, mon coéquipier dans cette aventure, vient me chercher pour un premier roulage à Carole. Objectif, découvrir la bête et voir son comportement. Pour moi, c’est aussi l’occasion de reprendre mes marques et de voir où j’en suis au niveau sensation de pilotage sur piste.

Après avoir descendu les bécanes du camion et avalé un petit sandwich, Bruno part pour un premier tour de test. Je l’observe tourner et je ne le sens pas bien l’aise. Il revient après quelques tours avec une vilaine grimace. Le moteur tourne bien mais la partie cycle est horrible, impossible à piloter. La moto est trop raide et elle fait des mouvements de balancier en courbe. On se bat pour garder la moto sur l’angle.

On règle la fourche et je repars avec la moto. C’est mieux mais je ressens toujours un peu le mouvement de balancier. La moto freine par contre très bien, elle est très stable. J’arrive donc à mettre un peu plus de rythme.

Je fais une petite session en suivant Bruno cette fois-ci, afin qu’il valide mes trajectoires. Bruno me lance de retour au camion : « C’est ça mais en plus vite » et il me rassure en me disant que ça finira par venir. Quoiqu’il en soit, mon allure n’est pas très rapide mais on n’est pas là pour ça. On est en rodage et la machine comme le pilote ne sont pas encore au point.

On constate que l’amortisseur arrière est désespérément trop dur  malgré les réglages effectués par Bruno. On se dit qu’on va le renvoyer chez EMC pour révision et changement du ressort qui ne doit pas être adapté à nos poids. Je suspecte  le roulement de la colonne de direction d’être mort, ce qui sera confirmé au démontage d’où certainement ce mouvement de balancier étrange.

L’embrayage patine un peu quand on remet du gaz, surtout avec Bruno. En fin d’après-midi, la moto a dû mal à tenir le ralenti. On se dit, pas grave, on réglera  ce détail pour le prochain roulage.

Je repars pour une dernière session de 15 minutes. Au bout du 3ème tour, dans la ligne droite de l’arche Dunlop, la moto fait une brutale montée en régime. Je coupe et j’entends un mauvais bruit métallique.  Je roule encore quelque mètre avant de m’arrêter. Les commissaires de piste ont déjà mis le drapeau rouge. La moto a fait un beau panache de fumée. Je m’arrête au niveau de la parabolique et j’attends le camion qui vient le chercher. Je connais d’avance le verdit. La piste est silencieuse. Tout parait calme, assoupi. Du pollen vient caresser le carénage  de la Suzuki baigné par le beau soleil de cette fin de journée. On dirait presque de la neige.  Les choses s’annoncent compliquées comme d’habitude.   Je repense à la Zundapp sur le circuit d’Issoire…

Pour couronner le tout, hier soir j’avais très mal aux cervicales. Cela m’a déclenché une migraine de folie dans la soirée. On va devoir réviser le pilote aussi. Ma position sur la moto ne doit pas être bonne, trop crispé… J’en sais rien pour le moment.

Ce matin Bruno a ouvert les entrailles du Gex et comme pressenti, on a une belle casse moteur. La soupape droite est cassée avec sûrement le piston abîmé. Il y a des morceaux de métal dans le carburateur. On va démonter le moteur et le renvoyer chez Fred. Il faut que l’on comprenne ce qui ne va pas. Cela réduit encore mes possibilités de roulage. Serais-je prêt pour le bol d’or classique ? Une nouvelle fois, le pari est lancé.

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