Visite de l’usine Schuberth en Allemagne

Equipements motard
// 27/02/2018

Ixtem Moto a passé 2 jours chez Schuberth où nous avons eu la chance de visiter le site de production à Magdebourg, situé à 100 km à l’ouest de Berlin.

La société Schuberth a été fondée en 1922. A cette date, elle produit des casiers à bouteilles de bière. C’est en 1929 qu’elle fabrique son premier casque destiné à l’armée. Il faudra attendre 1954 pour voir apparaître le 1er casque moto, l’Aero.

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L’entreprise produit maintenant des casques pour des secteurs assez différents : l’armée, la moto, la F1, les pompiers, le bâtiment, la police… Schuberth fabrique près d’1 million de casques par an, exportés dans près de 55 pays. 5000 casques sortent chaque par jour des ateliers de production, dont 1000 dédiés à la moto.

Schuberth GmbH; Werk; Magdeburg Rothensee; 2016; Fotograf: Kai Spaete spaete.com

Pour revenir aux casques de moto, nous avons pu vérifier que ces derniers étaient bien fabriqués en Allemagne dans une usine moderne aux couleurs de la marque. L’orange règne en maître ici jusqu’au micro-ondes de la cantine 🙂

L’accueil à l’allemande est sympathique mais toujours très professionnel, impossible de filmer ou de faire  des photos dans le site de production. Ils ne laissent rien au hasard et cela se retrouve dans l’ensemble du process de fabrication.

Après avoir chaussé des « sabots » de sécurité, nous rentrons dans le cœur de la machine Schuberth. A l’intérieur, pas d’agitation excessive, tout se passe avec fluidité. On commence par visiter l’étape de fabrication de la calotte externe. Contrairement à d’autres usines que nous avons visitées, la fibre n’est pas déposée à la main par un opérateur mais  projetée par un robot dans un 1/2 moule de manière ultra précise. Pour Schuberth, c’est un gage de qualité et cela leur permet de veiller à ce que la calotte ait la même épaisseur partout.

Les calottes obtenues sont ensuite réunies et assemblées avec de la résine dans un nouveau moule possédant la forme du casque et cela pendant près de 7 minutes. C’est un homme qui gère cette étape. Le calotte se voit apposer une puce qui permet de suivre la fabrication du casque tout au long de sa vie. C’est le début du tracking de votre casque moto.

La calotte passe ensuite par les mains d’un autre robot qui réalise les découpes finales : l’ouverture de l’écran, les points où on vissera les différents éléments du casque… Les découpes sont réalisées avec de l’eau envoyée à haute pression. La précision du robot est redoutable. Il enchaine les différents modèles avec indifférence.

Les calottes vont ensuite au ponçage. Ces dernières étant en fibre, le ponçage se fait obligatoirement manuellement. C’est minutieux, les hommes et les femmes qui travaillent dans cette partie de l’atelier caressent la calotte de votre futur casque avec habilité. Rien ne semble leur échapper.

Schuberth GmbH; Werk; Magdeburg Rothensee; 2016; Fotograf: Kai Spaete spaete.com

Les calottes partent ensuite à la peinture où elles reçoivent 4 couches de peinture/vernis. Impossible de pénétrer dans cet atelier pour éviter de perturber le milieu ambiant. On devine à travers une vitrine le parcours des calottes.

Pour les casques « déco », on passe ensuite par une étape que j’adore. Je l’avais déjà vue chez Nolan. C’est la pose de la déco sur la calotte. Un homme ou une femme appose délicatement la déco provenant d’une planche du type sticker. Pas de colle ici, tout est fait avec l’eau et une éponge/raclette. C’est de l’artisanat. Cela me fascine à chaque fois. Pour moi, ce sont de vrais artistes.

Schuberth GmbH; Werk; Magdeburg Rothensee; 2016; Fotograf: Kai Spaete spaete.com

Les calottes finalisées subiront une dernière étape de contrôle pour vérifier leur conformité. Si un défaut est constaté, même mineur, voire microscopique pour nos yeux, la calotte est détruite.

Dans une autre partie de l’usine, les pièces en polycarbonate qui vont constituer le casque moto sont fabriquées. C’est moins glamour. On part de billes en polycarbonate qui sont injectées dans des moules en métal plus ou moins gros et lourds en fonction de l’élément à fabriquer. Ces moules en acier me paraissent toujours énormes par rapport à la taille de la pièce finale. Un grand un palan avec un treuil permet de les déplacer en fonction des besoins.

Schuberth GmbH; Werk; Magdeburg Rothensee; 2016; Fotograf: Kai Spaete spaete.com

Les écrans ne sont pas fabriqués par Schuberth. Ils sont confiés à un prestataire externe. Leur qualité est contrôlée à chaque réception. Si un défaut est constaté, tout le lot est renvoyé et je peux vous assurer qu’ils ne plaisantent pas sur le sujet.

Les intérieurs en tissu sont fabriqués dans une autre usine Schuberth en Asie.

Les casques moto sont ensuite assemblés par des opérateurs sur des chaines de montage. Ils assemblent  20 à 25 casques à l’heure selon les modèles. Le travail est réalisé avec précision par 18 personnes, chaque personne s’occupant de fixer un élément du casque. C’est chirurgical !

Schuberth GmbH; Werk; Magdeburg Rothensee; 2016; Fotograf: Kai Spaete spaete.com

Schuberth GmbH; Werk; Magdeburg Rothensee; 2016; Fotograf: Kai Spaete spaete.com

Lors de notre visite, on a pu accéder aux laboratoires de test CE et DOT. Les casques Schuberth produits sont testés en permanence. Ils en prélèvent 10 au hasard par lot de 1000. Les casques prélevés subissent l’ensemble des tests édictés par les normes : impacts sur différents points  températures, capacité d’absorption des chocs,… Une fois de plus, rien n’est laissé au hasard.

Si un défaut est constaté sur un casque, tout le lot concerné est détruit. Les impacts absorbés par les casques sont impressionnants. On a pu ainsi voir des casques militaires en kevlar sur lesquels on avait tiré avec du 9 mm à 5 mètres de distance. Je ne voudrais pas être dans le casque !

Dans l’usine Schuberth, il y a un espace unique que je n’avais encore jamais vu auparavant, c’est la soufflerie qui permet de tester l’aérodynamisme des casques. Schuberth est la première marque de casque moto à s’être dotée d’un tel outil et cela dès 1986. Cela qui explique leur avance en terme d’acoustique par rapport à d’autres marques. Vous trouverez ci-dessous la maquette de l’engin 🙂

Pour y accéder, on passe une porte aux épaisseurs de forteresse. A l’intérieur, un studio acoustique. Une moto est fixée devant un flux d’air avec différents capteurs permettant de mesurer les zones de turbulences et le niveau sonore.

On a pu tester la machine en fonctionnement en simulant une vitesse de 150 Km/h et je peux vous assurer que cela souffle. Quand ils n’ont pas de visiteurs, ils ont un mannequin robotisé dont la tête est mobile afin de simuler les mouvements que nous faisons sur notre moto : position couchée, droite, mouvement de la tête pour regarder les rétros…

Après la soufflerie, les modèles Schuberth subissent une autre batterie de tests dans un espace vitré où ils sont soumis à de fortes variations de températures et à des pluies diluviennes. L’objectif est de vérifier l’étanchéité du casque, sa capacité à réguler la température mais aussi de voir comment les intérieurs vieillissent.

Etre un casque Schuberth cela se mérite ! Cette recherche de qualité va jusqu’à la formation des revendeurs. Nous avons, lors de cette visite, appris à démonter et remonter un casque Schuberth modulable et intégral pièce par pièce. Nous avons été agréablement surpris par la qualité des composants. On peut désosser un casque Schuberth sans avoir peur de casser un élément.

Schuberth a un bel outil de production qui va continuer à fabriquer des casques moto de plus en plus performants pour vivre notre passion. Schuberth c’est de la Deutsche Qualität !

 

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