Escorté par les potes au bout de la nuit

Vivre la moto
// 14/10/2017
col du pas de la graille

Par où commencer? Par la majesté du Ventoux dans la lumière dorée d’automne? Par le moment de douce solitude sur le col de la Lure? Par le départ dans la froide noirceur avec un éclairage déjà faiblard? Non, je veux commencer par la fin, peut-être parce que toute fin est un commencement, mon arrivée à Toulon à 21h15 sur une moto de 1978, 100ème pilote sur 119 classés, escorté par ceux à qui je dois tout, mes potes du Veloce Team qui m’ont éclairé les 80 derniers kilomètres.

Un exemple de solidarité hors du commun salué par les applaudissements du public à Toulon. J’avais l’impression d’être au Vendée Globe Challenge, debout sur le pont, marin ébouriffé de retour d’un long voyage, entouré d’une multitude de bateaux.

Plus de frein avant, plus d’éclairage, des trajectoires laborieuses après 16 heures épiques sur les routes du Sud de la France où il me faudra revenir hors course pour en savourer toutes les beautés.

Dès le départ mon striker et mes feux sont tombés en panne, la moto ne produisait pas assez d’énergie. Je naviguais avec des lampes de vélo d’appoint. Impossible de lire le compteur kilométrique dont l’ampoule aussi était en panne. Mon pote Aurélien essayait tant bien que mal de me suivre, créant un cône de lumière dans lequel je me calais respectueusement. Heureusement, j’avais quelques réminiscences de la veille où nous étions déjà passés par ces routes.

Moins de 20 litres d’essence pour couvrir 750 bornes !

Température négative au premier contrôle. Campagne blanche. Gants chauffants Racer aux mains, j’ai attendu que le soleil se lève pour me réchauffer et me détendre. J’ai pris 35 minutes de retard que je ne pouvais plus rattraper, mais peu importe. J’ai essayé de ménager la Zundapp avec quelques pauses appropriées au niveau des bases chrono pour ne pas trop perdre de temps.

Dans l’ensemble, tout s’est bien passé. Sur la première base chrono j’ai terminé 40ème. Sur la deuxième, j’ai fait demi-tour par erreur et mes efforts dans la descente n’ont pas suffi (50ème). Parfums, végétation, décor changeaient graduellement, le Sud nous appelait dans un souffle chaud. La Zundapp-tortue reprenait des lièvres qui « jardinaient », parfait accomplissement de la fable.

Calé dans un siège face au parc du Mourillon je vous écris emporté par l’émotion et l’épuisement physique tandis que la Zundapp refait les niveaux le museau tourné vers la Méditerranée! La mer, tu as enfin vu la mer Zundapp 55 ! Vaillante Zundapp, avec ton moteur de 40 piges, tu as bu moins de 20 litres pour couvrir ces 750 bornes! Une heure de retard à peine au contrôle! Quelle mécanique!

Il ne reste plus que l’étape du Mont Faron pour conclure la fantastique chevauchée du Mototour 2017, une montée sèche, serpentin de roche qui surplombe la rade et les navires de la marine militaire. Ma famille sera là et, la Zundapp en fait désormais un peu partie aussi.

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