En mode survie pour l’étape-marathon

Vivre la moto
// 13/10/2017
Une mototour

La nuit dévore mes dernières forces. Minuit passé, encore. Des réparations, encore. De la fatigue, toujours. Demain, départ à 4h45, je sais que ce sera une torture. Cet après-midi, parti en ville pour chercher des pansements pour mon genou (écorché comme celui d’un gamin dans une cour de récré, souvenir de la chute du premier jour), j’ai été pris d’un léger malaise. Je ne tenais plus debout. J’ai dû dormir une demi-heure pour récupérer un peu d’énergie.

Photo Patrick Beauvais

Photo Patrick Beauvais

 

Le physique est entamé, la Zundapp aussi. On finit par être une seule chair tous les deux, une semaine de vie commune et déjà de vieilles habitudes. Je me laisse bercer par cette lourde fatigue en songeant déjà à demain, ces 800 bornes recroquevillé sur le réservoir de mon 50cm3, direction la rade de Toulon en passant par le Ventoux (base chrono!), les Alpes du Sud et l’Aveyron. La longueur du road-book ressemble à un parchemin biblique rédigé par un prophète à barbe blanche.

 

roadbook folie

 

Sur la piste d’Issoire, c’est une petite stratégie comptable qui a épargné la Zundapp. Laissez-moi vous expliquer. Ma catégorie était la première à s’élancer. Pour 5 tours de vitesse d’abord (positionnement grille et tour de chauffe préalable). Sur les lignes droites, je suis à la ramasse mais dans les virolos je m’amusais bien. Je connaissais déjà la piste pour y être récemment venu en stage avec Pierre Lemos. En France, où domine l’esprit « poulidorien », l’amour du second plutôt que du premier (Anquetil), la Zundapp a recueilli de belles salves d’applaudissements populaires.

piste issoire

 

Dès 11h30, nous repartions pour l’endurance, 22 tours. Avec le groupe des 125 on s’est mis d’accord, tels des joueurs de poker. Deux motos étaient très nettement au-dessus du lot en frôlant les 160 chrono alors que les autres plafonnaient à 120 et moi à 90 ! Nous avons donc décidé de laisser les cadors s’expliquer et de nous retirer de la course après 11 tours.

Paradoxalement, un point de règlement nous avantageait: la pénalité serait de 5% sur le plus mauvais temps. Les 3 pilotes qui ont continué jusqu’au bout ont fait un très bon chrono qui nous a donc permis, avec pénalité, d’obtenir un meilleur temps que si nous étions restés en piste. Préserver la mécanique était prioritaire, ma moto, avec ses pneus « ville », n’était vraiment pas adaptée à l’exercice.

réparation Zundapp

 

Avec un éclairage de vélo !

J’ai donc pu repartir sereinement sur ma liaison et arriver dans les temps au pointage. Nous étions de retour assez tôt aux paddocks. Les mécaniciens du Veloce Team ont été à l’ouvrage sur la Zundapp. Elle tourne plutôt bien. J’ai reçu des pièces de rechange de ma boite Ixtem Moto avec un gentil mot de tous mes collaborateurs, top ! Merci !

petit mot équipe

 

On a fait la vidange de la boîte qui fuit (mais la pâte à joint limite les dégâts). Denis a installé des éclairages de vélo et on a ré-installé la batterie lithium qui n’a tenu que 40 minutes! Pour demain, il me faut au minimum 3 heures de lumière pour naviguer sans difficulté. Il faut aussi que je vous parle des freins. Quand j’ai fait ma liaison routière, j’ai noté que le levier avait du mal à revenir. J’ai suspecté un problème de liquide de frein.

Dans le mille! A Issoire, avec un levier de plus en plus mou, entre la vitesse et l’endurance, on en a profité pour changer le liquide de frein, découvrant avec horreur que le précédent propriétaire avait changé les étriers en remettant le même liquide après, une substance épaisse et noirâtre…J’ai donc retrouvé un frein « normal » si je puis dire, puisque je considère que sur la Zundapp on devrait davantage parler de « ralentisseur » que de frein.

J’ai la peur au ventre pour demain. Je me prépare psychologiquement. Mais la Zundapp semble me faire un clin d’oeil depuis le fond des paddocks pour me dire: « Michel, moi je suis d’attaque ».

PS: merci pour vos messages et merci de partager pour faire profiter de l’aventure vos amis motards.

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