SANS MOTO, SANS PERMIS, SUR LA RN20

Vivre la moto
// 28/08/2017
gendarmes RN20

J’ai terminé le week-end du Rallye des Volcans sans moto, sans permis, en combinaison cuir sur le bas-côté de la RN20 à Etampes. Ma famille est venue me chercher. Je vais vous expliquer comment j’en suis arrivé là, en reprenant le récit où vous l’aviez quitté. Juste avant le départ de la course, à 10h samedi matin.

Eh bien, tout s’était finalement bien passé en journée. J’étais plutôt satisfait de mes boucles. Je n’avais pris aucune pénalité, j’étais toujours dans le rythme sur les liaisons. Mon entraînement sur piste à Issoire et mon précédent rallye dans l’Aveyron ont porté leurs fruits: je maîtrise mieux ma moto, qui reste toutefois pour moi une grosse moto.

au départ

J’étais toujours à l’heure au contrôle, et c’était mon objectif. Cette première partie de la journée avait été marquée par quelques chutes, dont une un peu plus sérieuse dans la dernière spéciale, qui avait bloqué temporairement le déroulement de l’épreuve.

A 16h30 j’étais donc de retour, satisfait. J’ai bien tenté de fermer les yeux quelques minutes dans ma tente, mais ce fut difficile de trouver un sommeil réparateur dans ces conditions. J’ai pris une douche réparatrice pour m’affranchir de cette chaleur animale dans la combinaison après une journée sous un soleil de feu.

Une première partie bien négociée

Les boucles nocturnes, identiques à celles diurnes, ont débuté à 20h45. Nous avions mis 6 heures en journée, il fallait donc s’attendre au même tarif dans l’obscurité. Retour estimé à 3-4 heures du mat’. L’ambiance dans les paddocks est joyeuse et bon enfant, je naviguais toujours entre la tente d’Aurélien de SW-Motech et celle de Cigalou « Vie de Motard » où je prenais mes repas en compagnie.

J’étais fatigué, mais, je le répète, mon seul objectif était de ne pas prendre de pénalités sur le routier. J’ai un peu progressé même si mon principal défaut reste le freinage excessif en entrée de courbe. Je ne suis pas un pilote né, j’apprends. Consciencieusement, j’ai préparé mon matériel, nettoyé ma visière, vérifié mon éclairage, pour la suite.

briefing

A la tombée de la nuit, nous étions à nouveau lancés « on the road ». J’ai immédiatement remarqué un problème: quand je passais sur des bosses, mes feux additionnels s’éteignaient, probablement en raison d’un faux contact quelque part. Encore un point à régler en vue du Mototour parce que je perdais du temps à appuyer sur le bouton à chaque fois. Et bien sûr mon stricker qui est branché sur une pile a commencé à débloquer aussi. Il faudra que je le branche sur la batterie de la moto.

Jérémy, seul dans un ravin en pleine nuit

Globalement, tout s’est bien passé. Aucune pénalité. Je n’ai pas regardé mes temps. On a fait une première boucle entière, avec les 2 spéciales, et ensuite une 2ème boucle nous attendait (avec encore 2 spéciales), mais une grosse chute a neutralisé la course. Un des pilotes a terminé sa course dans le ravin. Déplacement des secours de Clermont-Ferrand pour le secourir. Il s’en tire avec une énorme frayeur et les cervicales brisées. Quand j’ai appris son nom, j’ai eu un pincement au coeur. Il s’agit de Jérémy avec qui j’avais fait le Mototour l’an dernier, un petit gars doué qui était dans le top 10 avant son accident. On avait fait le contrôle technique ensemble. Je lui souhaite un prompt rétablissement.

Nous sommes tous redescendus en convoi. L’autre spéciale nous attendait, mais j’ai préféré m’arrêter là. J’avais mon compte. Je m’en sortais sans chute, sans pénalité, j’étais satisfait de ma prestation. Basta. Je me suis couché dans la tente à 3 heures, emporté par une fatigue de plomb. Réveil à 9 heures, endolori par le mauvais couchage et les efforts de la veille. Le soleil a commencé rapidement à cogner dur.

Il fallait maintenant remonter sur Paris. J’ai renfilé ma combinaison cuir. Je n’ai pas de remorque ou de camion d’assistance pour mon barda, tout est très bohémien chez moi. Mes lunettes? Où sont mes lunettes? Ma distraction légendaire avait encore frappé. Elles étaient dans la tente de Quentin, déjà parfaitement repliée…Heureusement, elles étaient encore intactes!

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Ce n’était que la première péripétie d’un retour qui s’annonçait long et compliqué, avec cette maudite chaleur qui frappait mon crâne. Sur autoroute, en plein cagnard, c’était intenable. Je suis sorti sur la nationale après 150 bornes, en me disant que je trouverai bien une oasis pour me relaxer.

J’ai finalement vu un bar ouvert dans le 18, où Véronique, la propriétaire, a pris soin de moi en me racontant sa vie tourmentée. J’ai passé deux heures sur la terrasse à l’ombre, à boire, à manger, inerte sous un parasol, attendant que les degrés Celsius daignent se calmer.

Mais il a bien fallu reprendre la route. Et j’ai commis une erreur: sortir à nouveau de l’autoroute. A hauteur d’Etampes, sur la RN 20, je me suis fait flasher pour grand excès de vitesse. Retrait de permis. Véhicule immobilisé. A trois kilomètres heures près…

Fin du week-end avec les gendarmes, hagard, sonné, incrédule. Sans permis, ma participation au Mototour est compromise. Trop de fatigue certainement, pas assez de préparation assurément, mais je reste persuadé que ce week-end restera, d’une manière ou d’une autre, gravé dans ma mémoire de motard.

Lire l’article précédent: Le 5, mon numéro fétiche !

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3 commentaires sur “SANS MOTO, SANS PERMIS, SUR LA RN20

  1. lemag dit :

    Pas glop mimi pour cette fin de rallye… Reste plus qu’à attendre.

  2. Ben dit :

    Salut,

    J’avais pris l’habitude de te lire, et j’étais aussi aux Volcans cette année (En Speed Triple verte).

    Et là, la finalité n’est pas terrible du tout. Vraiment dommage à l’issue du WE et chiant pour le quotidien et ta participation au moto tour.
    Bon courage pour la suite

    1. Michel dit :

      Salut Ben,

      Merci pour ton mot. Je suis dégouté pour le MT en effet. J’attends de connaître la sanction mais cela parait un peu compromis. Je vais surtout essayer de tirer une leçon de tout ça pour l’avenir et les prochains rallyes. Bonne journée et à bientôt.