Journaliste moto, une espèce en voie de disparition?

Vivre la moto
// 30/12/2016
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(Lecture 8 min) Ceux qui me lisent un peu savent que je ne suis pas du sérail et que j’ai même tendance à m’insurger contre le travail aseptisé des journaleux. Et pourtant, je ne sais pas si c’est la magie de Noël ou les restes de vapeurs de vin chaud, aujourd’hui j’ai envie de prendre la défense de ceux que je n’ose pas appeler mes « confères » car je ne suis qu’un vulgaire amateur.

Essayons d’aborder avec un regard un peu neuf et (auto-)critique cette presse papier qui n’en finit pas de mourir. Tout d’abord, il convient de noter un paradoxe : le marché de la moto ne s’est certainement jamais aussi bien porté (merci la mode hipstéro-vintage), les magazines moto n’ont jamais été aussi nombreux en kiosque et pourtant, ça licencie à tout va, hier chez Moto journal, aujourd’hui chez Moto-Mag. Alors c’est quoi ce mic-mac ?

Les journaleux analysent ça de manière assez simpliste en général : Soit les gens sont globalement devenus trop cons pour lire, soit c’est la faute au grand méchant internet qui leur aspire le lectorat. Ahhh le vil blogueur, cet Uber de la presse moto (et ce n’est pas faux).

Mais renversons le problème : pourquoi les lecteurs préfèrent-ils les web-médias ? Le prix ? Humm, je ne pense pas. La moto est une affaire de passionnés. Quand tu vois des types lâcher 300 balles dans une protection de la protection de leur clignotant gauche, tu te dis qu’ils pourraient bien avoir 5 ou 6 euros pour une feuille de chou. Le C-O-N-T-E-N-U les gars ! Le C-O-N-T-E-N-U !

Attention je ne dis pas que les journalistes sont des types corrompus ou qu’ils écrivent de la merde. Loin s’en faut. Je dis juste qu’ils nous emmerdent, c’est très différent. En gros, les grands médias moto continuent d’appliquer la recette qui a fait leur succès dans les années 90 : des comparos en veux-tu en voilà, des essais à tire-larigot, des chiffres, des stats. Houhou ? Où qu’elle est la passion ? Ah si, il y a des photos !

Des photos de plus en plus grandes, de plus en plus belles, pour des articles de plus en plus minuscules et de plus en plus fades. Prenez un numéro MJ de la grande époque des Lolo Cochet, Zef Enault & co : on croirait voir un exemplaire du Canard Enchaîné tellement il y a de texte écrit en tout petit ! Là il y avait de la matière à se mettre sous la dent. Aujourd’hui, en un caca un peu constipé tu as lu tout un magazine. Et c’est vrai que du coup, ça fait cher la pêche.

Mais en tant que « rédac’ chef » – à ma toute petite échelle – j’ai aussi compris que la faute n’en revenait pas aux pigistes. Tu parles qu’ils seraient contents d’écrire plus. Presque tous ceux que j’ai eu la chance de rencontrer sont des passionnés jusqu’au bout des ongles, heureux de faire un des plus beaux métiers du monde et toujours partant pour gratter. Sauf qu’il faut une vraie volonté éditoriale pour qu’ils puissent s’exprimer.

Du courage parfois aussi. Savoir prendre des risques, croire en ses lecteurs plus qu’aux actionnaires et autres businesseux. Et c’est là à mon humble avis que le bât blesse. Alors ça bricole, ça vidéotte, ça s’essaye au webzine, à la pratique du buzz, mais sans non plus le faire vraiment vu qu’on veut quand même vendre des pages pubs sur le support papier. Et du coup ben… ça marche plus. Faîtes ce que vous savez faire bordel ! On ne demande pas à Léa Salamé de présenter TPMP et c’est tant mieux ! La pauvre.

Alors oui, il y a un changement fondamental : la presse papier n’informe plus. Les gens sont au courant en « direct live » des news de l’univers moto grâce aux usines à gaz comme Le Repaire des Motards qui cartonne sec. Et là-dessus, en effet, vous ne pouvez pas lutter les journaleux traditionnels ! Vous êtes le JT de 20h face à BFM ! Has been d’office ! Du coup, faîtes ce qu’ils sont incapables de faire : sortez du soporifique factuel et du putain de dossier de presse (je les reçois aussi donc je sais de quoi je parle : ctrl+V n’est-ce pas ?) pour nous raconter des histoires (au sens littéral). Parlez motards aux motards. Vendez nous du rêve bordel!

Allez, donnez-moi la gestion d’un mensuel. Place aux jeunes. Juste pour voir. Je suis sûr qu’avec moins de budget et plus d’indépendance, je peux le relancer en quelques numéros. Prétentieux ? Certainement. Mais je suis un petit con sans conséquence alors qu’est ce que je risque ? N’empêche qu’un magazine avec quelques belles photos ILLUSTRATIVES de belles histoires, du texte, des enquêtes d’investigation, de la passion j’en mets ma main à couper que ça marcherait. On aime et on aimera toujours le contact du papier, l’objet magazine. Je suis le premier à rêver que viedemotard.fr devienne un jour « concret ». Mais vendez de la passion plutôt que de l’info brute ! Il faut tout simplement laisser les journalistes prendre leur pied en faisant et en écrivant des choses sincères et pas forcément convenues.

C’est tout ce qu’on demande nous, les lecteurs ! On s’en branle des stats de la dernière moto Trucmuche à 50 000 bouzoufs qu’on ne pourra jamais se payer. On peut trouver ce genre d’info inutile sur n’importe quel site. Par contre, on aimerait vraiment s’attacher à une bande de motards sympas qui nous font un peu rêver. Soyez des exemples, des modèles pour les vulgus motardus que nous sommes.

La presse papier moto n’est pas morte. C’est juste une époque qui est révolue. Vivez avec votre temps ! Vous avez raté le coche il y a quelques années déjà et vous vous êtes auto-ringardisés comme des grands en vous drapant dans le « c’était mieux avant ». Pourtant, il y aurait tellement, tellement à faire.

Ahhh si j’avais plus de 68€ sur mon compte en banque…

Dans notre Podcast IXTEMLIVE, Cigalou va plus loin et anticipe ce que sera la presse du futur. A écouter des deux oreilles!

PS: vous avez aimé cet article? Réagissez dans le forum et partagez-le avec vos potes motards qui pourraient être intéressés. Cela compte pour IXTEM MOTO. Merci 😉

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22 commentaires sur “Journaliste moto, une espèce en voie de disparition?

  1. Patrick B dit :

    Perso , je dirai pas que la presse moto soit nulle , on trouve parfois de bons articles mais c’est vrai , que pour moi , qui est un motard de « longue date » , j’ai connu mieux . C’est moins vivant , plus fade , beaucoup de chiffres …. La « mentalité  » motarde a évoluée aussi et Internet est passé par là , pour trouver et chercher des infos . Et l’envie de « dévorer » un magazine moto pour ce qu’il contenait , essais , reportage de voyage , la « vie » de motard aussi n’est plus là a de rares exceptions . Et je t’avoue prendre du plaisir a lire tes articles dans « viedemotard » , car c’est bien écrit , détaillé , avec de l’humour et dérision et ça dans la presse moto ça manque , je trouve !
    Voila mon point de vue sur cette question , qui n’engage que moi .
    V Cigalou .

    1. Cigalou dit :

      Pour la petite histoire Patrick, j’ai « découvert » ce titre très « putaclic » comme on dit en même temps que toi. J’avais titré cet article « Journaliste-Moto : une espèce en voie de disparition ? » (Note l’interrogative). Un titre beaucoup plus nuancé et en raccord avec le texte mais certainement beaucoup moins vendeur que « la presse moto est nulle »… 😉
      Sauf que ce titre plus tapageur influence forcément négativement la lecture de ce qui est en vrai un plaidoyer pour les journalistes moto.

      Mais c’est ma faute, il faut que je rajoute un astérisque de « non modification du titre » à mon contrat pour le prochain papier :-p !

      1. Bracam dit :

        Salut, je comprends sans comprendre vraiment ton papier. Il fleure bon l’engagement personnel, et raconte ce que chacun semble avoir dit et répétera demain sur les vieux, les jeunes, l’avenir, l’illusion du c’était mieux avant (prouvons que c’est une réelle illusion, et on en recause, ce n’est que question de point de vue et de temps qui passe). Si je devais tenter d’expliquer ce qui me manque depuis des décennies maintenant dans la presse que j’ai aimée (auto – moto), c’est la vitesse de pointe, la puissance au banc, le temps au tour à Montlhéry, la course des amortisseurs, des choses comme ça (toutes images perfectibles). Peut-être aussi la lettre de Fred dans MJ, regret convenu je crois. Bref, un seul papier me manque et tout est défolié. Du coup, ne pourrais-t-on pas citer Moto et Motards comme exemple d’une presse qui se « renouvellerait » ? Peut-être, mais le fait est que je n’y trouve pas mon compte ; serais-je trop vieux, psychorigide, et toussa ? Je ne serais pas étonné qu’aujourd’hui, la seule solution réside dans le fait que chacun se joue son ego-trip sur son canal web à lui rien qu’à lui. Des dizaines de milliers de journalistes-lecteurs de leurs propres miroirs. C’est en tout cas l’un des défis de la presse 2.0 (ou 3.0, 4.0 ?) qui se cherche, se perd dans des milliers de sites alternatifs tous plus intéressants les uns que les autres, l’un financé par la pub et qui se plaint des bloqueurs de pub, l’autre sur abonnement, ce qui dans ce cas implique, pour le lecteur éclectique, de financer dix ou cent sites enligne. C’est sûr que du temps de l’ORTF c’était plus simple…

  2. Lecteur de moto journal depuis une quarantaine d’année ,c’est vrai qu’il a bien changé .
    Les infos tu les trouve sur le net , ce que je demande a un canard , c’est de lire des articles écrits comme un roman , une histoire ,des héros , des motos ,des anecdotes , de l’aventure ,des faux rires ;il y a bien longtemps que je n’ai pas ri en lisant un article de MJ , je me rappel de comparatifs de 50 sur plusieurs jours ou je me fautais pas mal des brelles mais je lisais quand même l’article parce qu’il était bien raconté et l’aventure était sympa .
    Je reproche aussi l’exclusivité , plus de trial , plus d’enduro ,plus de moto cross …. c’est dommage j’aime la moto sous toute ses formes , et ça permettait aux néophytes de découvrir d’autres disciplines .
    C’était mieux avant ? je ne pense pas, pour ma part je prend toujours autant de plaisir aux guidons de mes motos ,et à rencontrer des passionnés .

  3. David Dumain dit :

    Bonjour Cigalou,
    je ne sais pas si on s’est déjà rencontré, mais je t’invite à venir sur notre prochaine Hivernale pour que tu te fasses une idée de la façon dont nous bradons notre passion à Moto Journal. Tu te décris comme arrogant, et je veux bien te croire après avoir lu ton article, mais je t’invite à me contacter en mp sur Facebook par exemple (j’ai vu que tu figurais au rang de mes « amis ») pour que l’on parle de mon métier que tu ne sembles pas bien connaître, mais que tu juges si facilement.
    Tu n’imagines pas à quel point nous travaillons pour permettre aux pigistes que tu flattes tant de faire du bon travail, tu n’imagines pas à quel point nous sommes éloignés du « c’était mieux avant », contre lequel je lutte depuis que je suis arrivé à MJ (étant plus jeune que le magazine lui-même, ça a été difficile), tu n’imagines pas à quel point nous sommes indépendants et pourtant, à quel point nous luttons pour préserver les « budgets » dont tu penses qu’ils ne sont pas si importants que cela. Tu n’imagines pas non plus à quel point nous travaillons « avec notre temps » sur les nouveaux média, et nous faisons bien mieux sur ce point que « nous essayer à un webzine ».
    Quant à la pratique du buzz que tu dénonces chez nous, je te retourne la politesse avec ton titre original « la presse moto est nulle ». Au delà du titre racoleur que tu ne pardonnerais pas chez nous, tu nous insultes en écrivant cela, même si tu t’es ravisé en trouvant un autre titre (plus simple sur internet que sur le papier, hein ?). Si tu n’insultais que le rédacteur en chef que je suis, je n’y verrais aucun inconvénient, mais tu insultes nos journalistes dans ton article. Je t’invite à relire les articles récents de Bruno Gillet, de Bertrand Thiébault, de Matthieu Cayrol, d’Aurélien Ranéa, de Thomas Baujard, de Fred Poujouly, d’Eric Lobo, de Pierre Orluc, de Xavier de Montchenu, de Michaël Tora, de Patrick Boisvert. Je t’invite aussi à bien détailler les chroniques de Matthieu Pianetti, les rubriques de Fred Poujouly, les dessins de Faujour. Et si tu n’aimes pas mes éditos, je t’invite à lire ceux d’un magazine concurrent que tu ne nommes pas mais qui valent le détour.
    Quant aux journalistes de référence que tu regrettes chez Moto Journal, j’ai toujours apprécié leur talent, comme toi, à l’époque où ils travaillaient à MJ et aujourd’hui. Mais j’ai aussi trouvé, pas plus tard qu’au mois de décembre, des liens vers ton site sur leur page Facebook… Je ne veux pas croire que tu pratiques déjà si bien le renvoi d’ascenseur, toi qui te prétends si farouchement indépendant et qui pense faire mieux que ceux que tu dénonces. Je t’accorde le bénéfice du doute, ce dont tu ne nous crédites même pas.
    Je me suis permis ce commentaire sur ton site (on se tutoie, non ?) plutôt que de me lâcher sur une page Facebook plus virale, car le buzz a toujours ses revers…
    Je te salue néanmoins cordialement, et je maintiens l’invitation pour l’Hivernale. ce sera avec plaisir que nous partagerons notre passion ensemble.
    David Dumain

    1. Ixtem Moto dit :

      En tant qu’administrateur du site, je dois dire que le titre original de Cigalou est celui actuel. En raison de la configuration du blog sur WordPress qui n’affiche que 4 ou 5 mots du titre complet, j’avais opté pour cette formule lapidaire qui, d’après moi, résume l’essence de l’article (« la presse moto manque dramatiquement de contenu »). Le souhait n’était pas de blesser ou de choquer mais d’inviter à la lecture sans pour autant être « clicbait ». Veuillez nous excuser si votre susceptibilité en a souffert. Puisque nous avons une responsabilité éditoriale dans la publication, je suis d’ailleurs assez surpris que votre réponse ne tienne aucun compte des nombreux avis qui partagent le point de vue de Cigalou sur la faiblesse rédactionnelle de la presse moto. Savoir se remettre, ne serait-ce qu’un tout petit peu en question, ne fait de mal à personne, en particulier quand les ventes sont mauvaises et qu’on licencie… non? Je laisse à présent la parole à Cigalou après cette précision nécessaire. Cordialement.

      1. Fabric dit :

        Bonjour amis motards,

        Trente ans de vie à deux roues ; trente ans de lecture moto : waouh ça fait un bail !!
        A 15 ans MJ me faisait rêver. Ce fut mon approche du monde motard, avec la visite assidue des concessionnaires le week end, à la recherche des prospectus, posters et autres documentations. En plus sur ma petite mobylette, je côtoyais des motards en cuir noir (pas de fantasmes déplacés les gars !!), qui parfois me prenaient pour un des leurs. Je m’y voyais, je vous assure.

        Je suis un simple motard lambda. Ma passion est toujours intacte. J’aime toujours autant rouler, balader, voyager (les grands cols alpins cet été, avec ma compagne, quel bonheur). Bon an, mal an, je fais mes 20 000 km, toujours avec des bécanes simples (650 bandit en ce moment).
        Je m’y retrouvais autrefois dans MJ (ne croyais pas que je sois un horrible passéiste, j’ai un GPS, je bénis les injections modernes toujours fiables et l’ABS), mais les articles deviennent pauvres, maigrelets, la passion ne transpire plus. J’avais l’impression de toujours lire ma même chose.
        Le sens critique, même, semble avoir disparu de ce magazine. Les prix enflent, la technologie devient prépondérante (envahissante ?) , les puissances délirantes, et pas le moindre début de critique sur cette fuite en avant. Des motos à chaînes, avec béquille centrale en option (c’est juste un exemple), et cela semble normal.
        Bon vous avez compris, j’ai arrêté. Je ne lis plus que « le Monde de la Moto » et parfois Moto Magazine, pour les essais d’équipements (si rares ailleurs).
        Mais le monde moto a changé, j’en suis conscient chers lecteurs. Parfois je me demande à quoi sert une meule de 20 000 balles et 160 chevaux, pour faire 5000 bornes par an. Et surtout à quoi sert il de l’essayer et de l’écrire ?
        Cigalou ne me choque, même s’il est un peu provocateur. A l’époque d’internet, à quoi sert la presse moto papier ? A rien !

        Allez ce week end balade en Luberon, ça va être bon. Bonne route à tous.

        Fabrice

    2. Cigalou dit :

      Bonjour David, devrais-je dire Monsieur Dumain,

      Commençons par éclaircir cette histoire de titre que j’ai déplorée aussi pour con côté « putaclic » mais comme te l’a signalé l’administrateur, il ne relevait pas de moi. Je te mets d’ailleurs au défi d’en trouver un du genre sur http://www.viedemotard.fr. Voilà pour éviter les malentendus liminaires.

      Pour ce qui est de ta réaction – très bien écrite – tu oublies de te citer dans les bonnes plumes que vous comptez à MJ (et ce n’est pas de la flatterie); je comprends que tu te sentes « attaqué » par mon papier. En effet, c’est l’argument coup de poing que l’on m’assène depuis plusieurs jours : je n’ai pas 30 ans de journalisme derrière moi, je ne sais donc rien. Et je ne peux que… t’approuver sur ce plan. En revanche, j’ai une formation d’historien (qui plus est spécialisé dans la presse, quelle ironie) et je dresse une analyse certainement très erronée et lacunaire mais qui part d’un constat concret : les recettes du journalisme moto actuel ne fonctionnent pas forcément. A moins que les motards que je cotoie et moi-même soyons complètement déconnectés d’une grande majorité trouvant les revues actuelles géniales. Et dans ce cas là, je m’excuserais platement. Mais je ne pense pas, hélas.

      Ne te méprends pas : je ne suis pas un petit con qui veut « tuer le papier » en ne jurant plus que par le Net. J’aime profondément la presse papier (comme je te le disais, j’y ai même consacré mon mémoire de recherche). Je suis dans une relation passionnelle avec elle et donc furieux de la voir continuer à tourner en rond. Je me doute bien que c’est ultra complexe et qu’en tant que rédac chef ce doit être ultra vexant qu’un pauvre type sortant de nulle part t’explique ton métier. Mais d’un autre côté, aurais-tu pris la peine d’un tel commentaire si j’étais complètement à côté de la plaque ? Si je ne traduisais pas un « mal être » d’une grande partie de vos lecteurs ? Ou alors, c’est faire beaucoup d’honneur au petit rien que je suis et tu m’en vois flatté.

      Pour ce qui est du « renvoi d’ascenseur » à Zef Enault – c’est de lui dont tu parles je pense – je tiens à préciser que nous sommes en effet amis (pas au sens facebookien). Mais n’en déplaise à ta rhétorique, viedemotard.fr a bien plus de lecteurs que Fast&Lucky donc je n’ai pas à faire de la « lèche » à Zef dans je ne sais quel espoir de « clics ». Pour le coup, là c’est moi qui t’invite à prendre le temps de nous connaître avec mon équipe (et lire un peu notre site au passage) histoire d’éviter de te ridiculiser avec des théories du « complot » à deux balles. Je cite Zef car je l’ai lu et le lis depuis des années et qu’il fait un super taf. Point barre.

      Par ailleurs, chaque fois que j’ai eu à « ferrailler » avec la presse moto, je me suis retrouvé dans une situation similaire à celle-ci : Le journaliste SAIT et pose ses vérités en argumentant sur le fait que j’ai tous les vices : corrompu, populiste, incompétent, etc. C’est normal, tu joues sur une relation dominant/dominé, le « pouvoir magique » du journaliste qui détient les clefs de ce monde sur le vulgus populus. Me décrédibiliser est donc facile, plus facile que de poser des vrais contre-arguments. Mais toi qui me reproche d’insulter tes journalistes (ah bon ?) je pourrais te retourner le compliment en disant qu’en me rabaissant ainsi, c’est tous les mécontents de la presse moto que tu insultes avec morgue.

      C’est un peu fatiguant de ne jamais voir une seule remise en question de votre part. Votre tour d’ivoire s’effondre et vous continuez à pérorer là-haut comme si de rien n’était. Je n’ai aucune haine à votre égard, mais de la peine. Je te souhaite vraiment sincèrement de réussir à nous réinventer du rêve et je serai le premier à le crier sur tous les toits. Et pour ne pas être qu’un « critiqueur », je vais essayer aussi de mon côté – avec ma petite équipe d’amateurs – de créer un support papier. Je t’imagine déjà sourire en lisant cela. Nous échouerons surement, mais au moins aurons-nous peut être de ta part le respect d’avoir essayé.

      J’ai toujours rêvé de participer à une hivernale MJ et aurais accepté avec joie ton invitation, malheureusement, je ne peux pas poser de RTT dans mon boulot. Mais si comme l’an passé vous repassez chez Seb « Aux Legendes » (à Pradelles) ou dans le secteur je ne manquerai pas de venir tailler le bout de gras autour d’une truffade avec vous.

      Au plaisir,

      Cigalou / Quentin

  4. floydovich dit :

    Très bonne analyse,

    j’avoue acheter au moins un magasine par mois pour les soutenir (la presse écrite), mais rarement je trouve autre chose que ce qu’il y a sur internet.
    Faire 2 doubles pages pour une moto que la plupart ne pourront se payer, ben je zappe, et comme tu dis, ça fait cher la pêche car on le finit même avant de devoir s’essuyer très souvent.
    J’achète tous les ans la bible « toutes les motos du monde », je demande pas un truc parfait, mois le nombre d’erreurs sur les fiches techniques est assez impressionnant sans que j’aie besoin de vérifier sur le site du constructeur.

    Bref, entre le publications partenaires et le contenu assez vide de la presse on passe vite a autre chose, mais merci à la mode hipster vintage à laquelle je succombe un peu ben leurs magazines sont bien plus intéressants, avec toutes les prépa qu’il y a qui donnent de bonnes idées, des histoires sur les préparateurs passionés il y a de quoi faire.

    v

  5. David Dumain dit :

    Ixtem Moto, Cigalou,
    je suis ravi que ce débat soit ouvert, parce que cela me donne l’occasion de m’exprimer sur plusieurs sujets qui me tiennent à coeur. Et loin de moi l’idée de rabaisser quiconque, j’estime avoir le droit de m’expliquer en tant que responsable de la rédaction d’un magazine montré du doigt. Je me suis senti insulté, c’est vrai, par le titre « la presse moto est nulle » avec notre journal cité. Ma susceptibilité importe peu, je défends surtout des journalistes dont je peux mesurer le travail, l’honnêteté et le talent au quotidien. D’abord, il me faut préciser que nos ventes se portent très bien (+18 % en 2017 en kiosque, + 9 % en abonnements) et que notre principal concurrent a aussi connu une année positive. Cela est le résultat de fortes remises en causes (périodicité, jour de sortie en kiosque, maquette, angle des articles, nouvelles rubriques, organisation, etc.), et ceux qui connaissent la densité de notre travail ne se permettraient pas d’insinuer que nous ne remettons rien en cause. Je ne permettrai pas non plus que l’on dise que Moto Journal « manque dramatiquement de contenu », car je connais mieux que personne la valeur des articles que nous publions. Ce n’est pas parce qu’on a moins le temps de lire la presse papier en raison de la diversité de lecture due aux nouvelles pratiques (le temps que l’on passe sur nos fils Facebook…) et à l’incroyable quantité de magazines, sites et blogs, que la qualité de notre travail a baissé. Nous luttons d’ailleurs au quotidien pour maintenir cette qualité, et cela revêt maintes formes : outre les articles très intéressants que nous publions (je maintiens ! Relisez les vraiment !), nous mettons des moyens pour garantir cette fameuse qualité. Nous payons toutes les photos que nous publions, ainsi que tous ceux qui écrivent et nous sommes exigeants avec eux. Tous nos articles sont relus et lorsqu’une faute d’orthographe parvient à se glisser dans nos colonnes, nous en entendons parler… De la même façon, nous effectuons nous mêmes nos mesures de performances, nos mesures de puissance, nous maintenons des comparatifs sur des centaines de kilomètres et nos essayeurs écrivent sans consigne et en toute indépendance, malgré les conneries que l’on peut lire à longueur de commentaires sur notre honnêteté (ça fait bien de dire que les journalistes sont vendus, j’invite ceux qui maintiennent cela à venir nous en parler lors des étapes de l’Hivernale). Je précise encore que nous envoyons un reporter sur chaque Grand Prix et que nous payons toutes les photos de compétition que nous publions, y compris sur internet (les mêmes que l’on retrouve sur les réseaux sociaux sans crédit…). Ces reporters de GP, Thomas Baujard et Bruno Gillet, ont une plume qui vaut bien celle de ceux qui les dénigrent et que je vous invite à lire et relire, et ils ont accepté de remettre en cause leur confort de travail pour travailler toute la nuit du dimanche afin que l’on puisse avancer notre publication au mercredi.
    Nous travaillons dur pour maintenir la qualité rédactionnelle de notre magazine, car nous avons la conviction que l’issue de la presse papier passe par là. Et nous ne vivons pas dans une tour d’Ivoire, bien au contraire, c’est d’ailleurs pour cela que j’invite régulièrement nos lecteurs et tous ceux qui ont la critique facile de venir nous rencontrer. L’Hivernale est l’occasion idéale, parce que c’est précisément le but d’échanger avec les motards, les concessionnaires, les pros, et de partager un bout de route ensemble.
    Je termine en précisant que nous n’avons jamais étrillé pour notre part aucun site internet ni webmag moto, et que nous ne sommes pas condescendants envers quiconque. Nous avons nous aussi une forte activité sur le web, notamment sur Youtube et Facebook, nous sommes aussi des geeks, des lecteurs attentifs de vos articles, de vos essais, de vos avis, d’où ce message d’ailleurs. Nous apprécions la diversité de ton, d’information, mais cela ne veut pas dire que l’on doit se laisser tailler sans réagir. On en arrive même à se voir reprocher, par quelqu’un qui a succombé « à la mode hipster vintage », de consacrer deux double pages « à une moto que la plupart ne pourront pas se payer »…
    Quoiqu’il en soit, au plaisir de faire un bout de route ensemble un de ces jours, les motards ne sont jamais irréconciliables…
    V itou à toute la communauté « Je roule à Moto »

    1. Flieger dit :

      Petit commentaire en passant… Moi je ne suis qu’un simple lecteur lambda et je suis abonné à Moto Journal. Mais c’est vrai que j’apprécierais aussi de trouver dans ma revue « favorite » des articles à la « Cigalou », c’est à dire des tranches de vie de motards au quotidien. Donc si chacun pouvait piocher un peu chez l’autre, je pense que ma fidélité sera définitivement acquise 🙂 . V à tous.

  6. Salut Cigalou,

    Une analyse intéressante, qui possède au moins le mérite de poser la question.
    Je ne suis pas forcément d’accord avec toutes tes réponses, mais je partage au moins le constat du problème de contenu et la conviction qu’il faut essayer d’y apporter une autre réponse que les classiques « les lecteurs sont des cons », « on a toujours fait comme ça », « c’est la faute au web »…

    Et tu sais quoi ?
    Contrairement à toi, je suis un vieux con (40 ans passés) et je suis un (ancien) journaliste professionnel, un des rares (avec David Dumain justement) à être diplômé d’une école de journalisme reconnue par la profession et à bosser dans la presse moto.

    Mon parcours vite fait.
    En 1998 à la sortie de l’école, j’ai commencé à travailler (comme salarié et pigiste) dans la presse écrite, en agence d’informations (AP, AFP, Reuters) et pour des quotidiens nationaux et régionaux, ainsi dans ce qu’on appelle la « presse produit », en nouvelles technologies en l’occurrence, matériels et logiciels informatiques par exemple.
    En 2006, reconversion comme pigiste pour la presse moto. Pendant quatre ans, j’ai bossé pour différents magazines, qui ont presque tous disparu depuis…
    2010, j’ai quitté la région parisienne pour prendre un poste de formateur de conduite moto en Aquitaine.

    Pendant ces années comme pigiste moto, j’ai constaté moi aussi le problème du contenu des magazines moto qui publient à peu près tous les mêmes articles, avec la même approche, à propos de motos « qui font rêver » mais que très peu de motards peuvent se payer.

    Je constate comme toi le problème posé par les lancements, les présentations, les essais dictés par les constructeurs, avec tous les journalistes invités au même moment, au même endroit, sur circuit et/ou sur quelques dizaines de kilomètres en groupe derrière un ouvreur choisi par la marque…
    Pourquoi ?
    Tout simplement parce que c’est moins cher.
    Plus aucun magazine ne propose d’essai longue durée parce que cela coûte super cher pour un faible retour sur investissement.

    Idem pour les reportages au long cours, les enquêtes, les longs portraits, les sujets « magazine » sur plusieurs pages : ça coûte super cher en frais de déplacement, d’hébergement…
    Cela coûte bien moins cher de recopier des communiqués de presse.

    Un des soucis majeurs de la presse moto européenne (il n’y a pas qu’en France) à mon sens, c’est qu’elle reste avant tout focalisée sur les essais moto, sur les motos en tant que véhicules.
    Alors que le motard « moyen » achète une moto une fois tous les ans au mieux, plutôt tous les deux à trois ans en général.
    Dans le même temps, le motard passe son temps à s’équiper, lui et sa moto, en fonction de sa machine, de ses usages, des saisons, de son passager, de ses voyages… Pourtant, il n’existe pas d’essais sérieux et complets sur les équipements et accessoires pour la moto et le motard (ou la motarde).
    « Moto Magazine » fait des dossiers plutôt pas mal, mais ce sont à peu près les seuls et ils ne les font plus aussi bien qu’avant, l’UTAC demande trop cher pou les tests de résistance.
    Il y a eu une tentative avec « Moto Conso », un trimestriel édité par « Moto Journal » qui partait d’une bonne idée mais mal réalisée, avec pas assez de moyens. Ce fut un flop.

    Certains ont pris conscience du problème et y ont apporté une réponse avec des magazines « lifestyle » pleins de superbes photos.
    Problème, ils sont devenus des annuaires de publicités, sans réel contenu éditorial.

    Idem pour les magazines spécialisés (« Road Trip », « Café Racer », les mags de customs, « Trail Adventure »…) qui ont le mérite d’être bien adaptés aux attentes de certaines tranches de motards, mais qui souffrent d’une trop faible audience sur des marchés de niche et qui du coup croulent eux aussi sous les pubs, quand leurs sujets ne sont pas tout simplement « commandés » par les annonceurs qui invitent les journalistes sur leurs événements.
    Sûr, ça coûte moins cher, mais côté indépendance rédactionnelle, on fait mieux.

    Et maintenant, on fait quoi ?
    Perso, j’apporte ma petite réponse avec mon site web personnel qui tourne plutôt pas mal. Mais bon, c’est comme le tien, ça fonctionne parce qu’on est bénévoles, avec peu de frais structurels.

    Je ne prétends pas posséder les réponses.
    Je ne suis pas sûr de l’attachement au papier, en tout cas pas pour tout le monde. Pour une partie de la population motarde, sans doute.
    Pour ma part, je crois plutôt aux vidéos, un média vraiment adapté à la moto.

    En tout cas, ça vaut le coup de s’interroger et de ne pas rester dans sa tour d’ivoire !

    Bonne route !

    1. Cigalou dit :

      Tout d’abord merci Fabien pour ce commentaire hyper constructif : Ouvrir le dialogue était ma principale ambition avec cette chronique – provocante je le reconnais aisément – et ça me fait plaisir de pouvoir discuter sans s’écharper. (Au passage, je serais très curieux de connaître le nom de ton site que tu as l’élégance ultime de ne pas citer).

      Je ne peux qu’adhérer à ton analyse précise et argumentée – tu es en outre bien plus expert que moi sur le sujet – et en effet, la vidéo est aussi une solution. High Side par exemple est une entreprise hyper audacieuse dans son genre qui a le mérite de vouloir faire un peu bouger les codes traditionnels et, de leurs côtés, les vidéos de Lolo Cochet sont à chaque fois un moment de kif total. L’avenir est peut être là.

      En revanche, en terme de « coûts » de production, mamamia, je reste persuadé que le papier coûte quand même moins cher ! 🙂

      1. Ah ça, c’est sûr que les coûts de production de vidéos de qualité professionnelle sont très élevés.
        Et je vois que nous partageons les mêmes goûts dans ce domaine.
        Toutefois, Lolo et Bader ont démarré avec pas grand chose. Mehdiator ou Shift87 ont prouvé qu’on peut faire du contenu vidéo de qualité avec très peu de moyens.

        Quant à mon site, il s’agit de Passion Moto Sécurité, j’ai mis l’URL dans le champ à cet effet.
        Il enregistre entre 100.000 et 250.000 pages vues par mois, variable selon la saison, avec en moyenne sur l’année 100.000 visiteurs uniques mensuels. Le tout sans abonnement, sans accès payant et avec très très peu de publicités.

        Par contre, à la différence du tien, je n’ai qu’un quart à un tiers de lecteurs réguliers. La plupart de mes lecteurs viennent chercher une info, reviennent parfois pour un autre article, mais ne consultent pas régulièrement.

  7. Sylvain dit :

    Bonjour à toutes et tous,
    La guerre papier – internet n’est pas finie et ne finira que quand les acteurs du secteur comprendront que les deux sont complémentaires. Internet pour sa rapidité, son partage, ses échanges, sa gratuité et papier pour le plaisir, pour collectionner, pour le plaisir (oui deux fois le plaisir), parce qu’un magazine papier a quelque chose de plus qu’une page internet… enfin, je suppose que beaucoup me comprennent.
    Alors tirer à boulet rouge sur internet ?
    Ils vivent de la pub ? Faux, beaucoup le font par passion mais les magazines n’ont pas publicité chez eux?
    Alors forcément, il faut bien payer les journalistes mais n’aurait il pas suffit de suivre l’évolution et de profiter pour développer aussi son magazine sur internet.
    Tenter de bloquer les sites existants n’apporterait rien de bon et pourtant…

    Enfin, chacun aura bien entendu son avis sur la question, des pour et des contres mais si le net intéresse tant de motards, ce n’est bien entendu pas, comme tu le dis, pour le prix d’un magazine et là où il y a de l’intérêt, il y aura toujours des personnes pour y répondre.

    Sylvain

  8. David Dumain dit :

    Je vais également y aller de mon commentaire, d’une part parce que mon nom apparaît dans l’accroche de l’article (c’est un honneur), d’autre part parce que le monde de la moto n’est pas assez grand pour que l’on puisse émettre des critiques dures (« médiocrité ») et injustes (« médiocrité ») sans que cela blesse profondément certaines personnes. Or certaines de ces personnes sont des journalistes avec lesquels je travaille et qui sont la cible de critiques faciles parce qu’ils travaillent pour un journal très exposé. Il est absolument faux de décréter que les articles de ces journalistes sont médiocres. Ce travail, je le connais mieux que personne, puisque je le relis depuis bientôt dix ans à la tête de la rédaction de Moto Journal. Les professionnels que je côtoie au quotidien, permanents comme pigistes, fournissent un travail de qualité, et c’est heureux car tous les articles que nous publions sont payés, tout comme les photos que nous publions. J’invite ceux qui ont la critique leste à relire les derniers reportages de Bertrand Thiébault, les derniers compte-rendus de Grands Prix de Thomas Baujard (qui s’arrache toute la nuit du dimanche au lundi après chaque GP pour répondre à notre exigence de sortir un jour plus tôt dans la semaine, parce que nous nous sommes entre autres remis en cause sur ce point, malgré ceux qui croient que nous sommes pétris de certitudes), les essais écrits par Xavier de Montchenu, Matthieu Cayrol, Thomas Cortesi ou, plus récemment, Michaël Tora, les balades rédigées par Patrick Boisvert, les incroyables road-trip d’Eric Lobo ou Sylvain Tesson (Prix Goncourt de la nouvelle 2009,
    Prix Médicis essai 2011…), sans parler des clichés d’illustration signées Alex Krassovsky ou Lionel Beylot… Si nos détracteurs les lisaient vraiment, ils ne se permettraient pas de se croire meilleurs. Et s’ils ne les lisent pas, ou plus, c’est peut-être aussi que leurs habitudes ont changé, entre la lecture d’un fil Facebook de plus en plus chronophage (j’en sais quelque chose, je ne lis plus autant de livres qu’avant…), la diversité de magazines en kiosques, les sites internet ou les blogs, tous plus intéressants les uns que les autres. Forcément, il y a de la diversification, pour ne pas dire de la déperdition, et tous les magazines en souffrent, mais cela ne veut pas dire pour autant que « c’était mieux avant », ni qu’on fait maintenant un travail « nul ». Libre à chacun de penser cela, mais je ne permettrai pas qu’on décrète que la presse moto est médiocre, quand je sais toute l’énergie que nous y consacrons tous, quand je vois les talents qui s’expriment toujours dans nos pages, quand nous parvenons à maintenir des budgets pour payer des relecteurs (important tout de même l’orthographe, non ?), pour financer des comparatifs de plusieurs centaines de kilomètres, pour rémunérer d’excellents pigistes, pour couvrir « sur le terrain » chaque Grand Prix afin d’en ramener un papier passionnant, pour effectuer des mesures de performance et des passages au banc de puissance sur chaque modèle que nous essayons, avec le matériel que cela nécessite. Alors non, je ne laisserai jamais dire que l’on fait du copié-collé, je ne me lasserai jamais de défendre la qualité de ce que nous produisons car j’en suis le témoin privilégié, je n’accepterai pas que l’on dise que l’on ne se remet pas en cause, quand nous allons rencontrer nos lecteurs sur le terrain (certes en hiver, mais c’est la plus « calme des saisons pour le faire, et puis ça permet de rencontrer les « purs et durs »…), quand nous changeons notre périodicité, notre jour de sortie, notre maquette, nos rubriques, quand on fait des choix de qualité qui sont parfois des déchirements, quand on s’expose comme je le fais en permanence. Et contrairement à ce qui est asséné sans vérifier (important, aussi, la vérification des sources…), nos lecteurs ne s’y trompent pas puisque la diffusion de Moto Journal en 2016 a progressé de 18 % en kiosque et de 9 % en abonnements. Je tenais à préciser tout cela non par une susceptibilité mal placée de rédac chef piqué au vif, mais parce que je suis simplement ulcéré par l’injustice qui consiste à clamer « tous des nuls », comme j’ai tellement entendu dire que nous sommes « tous pourris ». Nous vendons des espaces publicitaires, comme tous les supports qui peuvent le faire (je crois d’ailleurs savoir que l’endroit même où je m’exprime est un lieu de commerce), mais j’ai toujours préservé l’indépendance des journalistes quant à leurs opinions et leur jugement, et la direction de Moto Journal m’a toujours soutenu dans cette démarche. Tous nos collaborateurs peuvent en témoigner, mais cela ne nous empêche pas d’être régulièrement accusés de « rouler » pour untel ou untel. Il s’agit là d’une « légende urbaine » tenace, comme celle qui consiste à répéter inlassablement que « le papier est mort », que « c’était mieux avant », ou que « la presse moto est nulle ». On peut considérer que l’on n’y peut rien, que l’on ne peut empêcher quiconque d’être méfiant ou critique. On peut aussi considérer qu’il convient de se défendre quand on ressent de l’injustice.

    1. Ferdi dit :

      Bonsoir Monsieur Dumain,
      J’ai lu attentivement l’article et les commentaires qui ont suivi.
      Vous avez répondu par 3 fois, avec à chaque fois, peu ou proue les mêmes arguments.

      Vous parlez à plusieurs reprises de la somme de travail fournie par vos équipes afin de défendre la qualité de votre journal. A titre personnel, je ne pense pas que cet argument soit pertinent, car la quantité de travail n’est pas forcément un gage de qualité. Je ne veux pas dire par là que vos publications ne sont pas de qualité, mais juste que votre argument n’est pas pertinent, voir délétère.
      En effet, vous insistez sur le fait que vous relisez les articles0depuis 10 ans et vous invitez vos « détracteurs » (j’use des guillemets car je ne considère pas Cigalou comme un détracteur, juste comme un motard passionné et frustré de ce qu’il peut trouver dans la presse écrite, et qui de part sa « notoriété » toute relative, fait des remous) à relire vos articles afin de vous juger avec justesse.
      en tant que lecteur (très) occasionnel, je vous invite également relire le comparatif « 5 maxi-trails » paru dans le MJ n°2175 de janvier 2016. En tant que passionné, j’ai été très surpris d’y relever tant d’erreurs de la part de journalistes professionnels, concernant les caractéristiques de certains modèles présentés. Sans parler de la logique de notation et de classement des motos.
      Je serais ravi d’échanger publiquement avec vous sur ce cas particulier, qui ne reflète sans doute pas la majorité de votre production, qui ne doit pas non plus être un cas isolé.
      Mais convenez tout de même, qu’un lecteur déjà un minimum informé, qui tomberait sur cet article, puisse douter de la qualité du reste de vos publications.

      Je pense que c’est cela que reprochent les lecteurs déçus par la presse moto et que cette frustration qu’à voulu exprimer Cigalou. En tout cas c’est ce que moi je ressens à titre personnel.

      Je conçois très bien qu’il soit difficile de faire tourner un journal et de le maintenir à flots, ce pour quoi vous semblez être doué compte tenu de vos résultats de ventes. Mais je ne comprends pas comment des journalistes qui se veulent professionnels puissent faire autant d’erreurs sur des points factuels. Je ne parme pas d’une analyse ou d’un ressenti lors d’un essai, mais de points comme la présence de tel ou tel équipement, de série ou en option…

      Dans telles conditions, il ne faut être surpris que les lecteurs se détournent de la presse écrite…

      1. Dumain David dit :

        Cher Ferdi, pourriez-vous me détailler les nombreuses erreurs du comparatif, cela m’intéresse évidemment beaucoup, et je vous répondrai, en faisant amende honorable si nécessaire. En attendant, je vous invite à lire ici et en exclusivité le premier dixième (3600 caractères sur 36 000 !) du texte de Thomas Baujard que je suis en train de relire, sur la visite de l’usine Yoshimura, histoire que chacun puisse juger de la médiocrité ou non de ce que nous publions. Ce n’est qu’un exemple, mais en faisant mon travail de relecture ce matin, j’ai repensé aux attaques dont nous avions fait l’objet quant à la qualité de notre production. D’où l’idée d’en faire profiter les lecteurs (en exclu !) de ce blog…

        « Dans l’antre de Yoshimura

        Aller rendre visite à la mythique officine de préparation moteur japonaise est déjà extraordinaire. Mais ce que Fujio Yoshimura, le fils du fondateur, nous a appris et ce qu’il nous a montré nous a sciés.
        Par Thomas Baujard, photos Friedemann Kirn.

        Dans une salle de réunion de l’usine Yoshimura située à Aikawa, à cinquante kilomètres au sud de Tokyo, Fujio Yoshimura, nous parle de son père Pop, qui fonda l’entreprise il y a 62 ans. « A la fin de la seconde guerre mondiale, le job de Pop Yoshimura était d’escorter les pilote Kamikaze jusqu’aux bateaux américains. C’était une mission très dure. Ces jeunes pilotes de 15 ou seize ans savaient à peine manier leurs avions, et il fallait voler les nuits sans lune pour ne pas se faire repérer et descendre. Or les appareils qu’ils pilotaient étaient très rapides. Les Mitsubishis « Ginga ». Pop les accompagnait, et décrivait ensuite de large cercles pour vérifier que les kamikaze atteignaient leur objectif. » On a eu du bol de naître 60 ans après ce carnage… « Ca c’est sûr. Mais quand tu es passé par ce genre d’expérience, tu ne peux plus avoir une vie normale. Du coup, il s’est jeté corps et âme dans la course. »

        Insoupçonnable
        Une série de bâtiments à moitié délabrés dans une zone industrielle 50 kilomètres au sud de Tokyo. Une enseigne « Pop Yoshimura » à moitié rouillée sans doute installée il y a 30 ans. Lorsque nous arrivons sur place après deux heures de voiture depuis l’aéroport international de Narita avec mon collègue photographe Friedemann Kirn, nous avons du mal à y croire. On jurerait une succursale de La Poste dans les années 70. Pourtant, nous sommes bien chez le légendaire constructeur de pièces hautes performances nippon. Mais de l’extérieur, c’est loin d’être flagrant. Quelques motos et scooter garés sous un appenti de tôle. Des ouvriers en bleu de travail siglé Yoshimura qui fument ou mangent un sandwich sur un banc. On se croirait presque dans une reconstitution historique de la vie des usine Renault du temps de la Régie…
        Toute pimpante, Keiko Oshimi, responsable des exportations depuis 1997, qui revient du salon de Cologne, vient nous accueillir sur le parking. « Venez, je vais vous présenter notre directeur Fujio Yoshimura, puis nous ferons le tour de l’entreprise. Dès le hall d’entrée, l’impression « succursalle de la poste» se confirme, avec des dalles plastifiées au sol, un papier peint que n’aurait pas renié un fonctionnaire des impôts. Il flotte même dans l’air une odeur de vieille paperasse racornie. En revanche, partout s’étalent des souvenirs qui font tilt dans le coeur des fans de course moto. En entrant à gauche, une 1100 GSXR rouge et noire modèle 88 bien tapée « notre première moto de route ». Commente Keiko, qui ne fait pas semblant de s’y connaître. A droite, la GSX-R 1000 du cinquantenaire Yosh avec étriers Brembo monoblocs et carénage carbone. Juste derrière, une bonne vieille 1100 Katana elle aussi préparée, avec laquelle on disputerait volontiers le Bol d’Or Classic.
        Et puis, sur un présentoir, les arbres cames de Honda S 800 (une petite caisse de course) réalisés par le fondateur Hideo « Pop » Yoshimura pour disputer les 1000 km de Suzuka en 1969.
        On grimpe un petit escalier, bifurque dans un étroit couloir, et l’on débouche dans une salle de réunion où nous attendent une sélection de pièces racing, un recueil de photos d’archive, et deux tasses de thé vert.
        Quelle organisation impeccable ! Keiko s’eclipse un instant, puis revient accompagné d’un petit monsieur portant moustache poivre et sel, lunettes et anorak rouge : « je vous présente Fujio Yoshimura, le fils de Pop, qui dirige notre entreprise. Il est à votre disposition. »

        La suite à lire dans Moto Journal du 18 janvier (petit teaser…)

        1. FlatFab dit :

          Salut David !

          Puisque tu proposes de relire…
          Sur 3.600 signes, j’ai vu une bonne douzaine de fautes, coquilles, lettres oubliées, incohérences (même mot écrit de façons différentes).
          Pour info, Mitsubishi est une marque, c’est invariable, comme Renault.

          Mais bon, c’est juste sur la forme, rien de bien grave, on voit ce type d’erreurs tous les jours dans la presse française, hélas. Il y a longtemps que je ne m’offusque plus des fautes de français commises par nos confrères…

          Sur le fond… rassure-moi, tu trouves cet article exceptionnel ?
          Ce n’est pas que ce soit mauvais à proprement parler, mais côté style, c’est totalement banal. Ni drôle, ni littéraire, ni poétique. Juste plat, pas du tout captivant.
          S’extasier sur une « organisation impeccable » parce qu’il y a deux tasses de thé vert sur la table de réunion… comment dire ?
          Je ne comprends pas vraiment que tu cites cet article en exemple, MJ a publié bien mieux à de multiples reprises.

  9. TOMASINA dit :

    Bonjour, j’ai pris le temps de lire tout l’article et les commentaires.

    En terme journalistique on pourrait le qualifier de « marronnier » puisque le sujet revient régulièrement.

    Je suis lecteur de la presse moto depuis 1971, abonné à MJ et pigiste occasionnel sur certaines manifestations. Je croise les pros, les pigistes et les bénévoles, ce que je retiens c’est que la passion elle est bien là mais que la notion de temps n’est plus la même que dans les années 70’, pourquoi?
    Déjà parce que les rédactions avaient plus de salariés et donc plus de gens affectés à de petites taches. Les choses coutaient moins cher et les journalistes pouvaient passer plus de temps sur un article de fond. Le monde de la finance et de la productivité a imposé ses règles aussi dans le monde de la moto.
    Aujourd‘hui, quand on croise en salle de presse un Pierre Orluc, un David Dumain, ou encore un Jean Aignan Museau on a à peine le temps de leur dire bonjour qu’ils sont déjà partis. Ca cavale dans tous les sens, la machine à café ne sert à rien……

    Quand tu a s un grand prix, un salon, une présentation en Espagne, des conférences de presse à assurer la même semaine, t’as pas trop le temps de faire une dissertation sur la passion de la moto.

    Moto Revue et Moto Journal sont passés au bi hebdomadaire et personnellement j’ai trouvé que le contenu s’était approfondi considérablement, ce qui est une bonne chose (encore faut-il les lire régulièrement pour s’en rendre compte, ce n’est pas le tout de juger sans avoir lu). Moi je leur tire mon chapeau à ces mecs qui se battent (le mot est pesé) chaque jour pour faire vivre une revue. C‘est une combat et un rythme que je ne pourrais pas tenir personnellement et pourtant je dirige une entreprise de service et je sais ce que bosser de façon réactive veut dire.

    Depuis les années 70’ les revues se sont multipliées et divisées en spécialités (cross, piste, concentrations,…). Celles de l’époque parlaient de tout et forcément maintenant si MJ ou MR ne parlent plus de concentres, on les accuse de ne plus parler de passion moto. Ce n’est plus leur role.

    Je voudrais quand même faire remarquer à tous les gars qui disent que les revues motos c’est moins intéressant « qu’avant » , qu’ils fassent une bonne analyse de la situation: Dans les années 70’ il y avait 5 ou 6 revues motos, pas internet , une télé de mauvaise qualité, pas de téléphones portables et ils avaient 40 ans de moins, alors une revue c‘était important. Sur une course comme le Bol d’or on avait une moyenne d’age de 25 piges et à la dernière édition j’ai pu constater que la moyenne d’age était plus proche de la cinquantaine. Les interets ne sont forcément plus les mêmes, mais cela n’empèche qu’il y a toujours des jeunes de 20 piges qui veulent connaître les dernières nouveautés , rever sur des machines inaccessibles (si on ne parle que des machines accessibles autant aller chez le concessionnaire du coin) et avoir des comptes rendus de GP ou d’endurance où l’on ne peut plus côtoyer les pilotes et les Teams (ce qui n’était pas les cas, il y a 20 ans).

    Je ne pense pas que la presse papier ne se remette pas en, cause, elle le fait chaque jour et plutôt bien mais les choses changent tellement vite, les modes de communication de la dernière décennie a tout bouleversé, donc les objectifs de rentabilité amenant l’indépendance (ou pas) des revues, les attentes des gens changent forcément aussi.

    Ce n’est qu’un début, le tiers des services et modes de communications qu’on utilisera dans 10 ans n’existent pas encore, alors un peu d’indulgence pour la presse papier et ceux qui la font vivre parce qu’ils « pilotent à vue » au jour le jour, comme beaucoup de sociétés traditionnelles qu’on croyait indestructibles et dont certains mettent tout leur amour à faire vivre dans un environnement de plus en plus hostile, au prix de gros sacrifices et rien que pour ça ils méritent le respect

  10. Thumper500 dit :

    Je pense que tes critiques (avec lesquelles je suis d’accord à presque 100 %) ne concernent que la presse française. De l’autre côté de la Manche, on sait faire des magazines captivants de la première à la dernière page – voici plus de 10 ans que j’ai laissé tombé les hebdos, quinzos et mensuels français pour MCN (Motorcycle News), Classic Bike et Classic Motorcycles Mechanics. Cette observation vaut aussi pour la presse quotidienne : il y a cent fois plus d’informations et de découvertes dans un seul numéro du Guardian que dans une semaine du Monde ou un mois de Libé…

    1. FlatFab dit :

      Remarque valable également pour la presse francophone belge, souvent de meilleure qualité que son équivalent français, notamment dans le domaine moto.

      J’ai été abonné pendant plusieurs années à « Moto & Loisirs », un excellent mensuel, de grande qualité sur le fond comme sur la forme, créé en 2000 comme la version francophone du magazine flamand « Motoren & Tourismen », mais qui a été définitivement arrêté en 2016. La version néerlandophone continue, mais je ne comprends pas cette langue, hélas.
      Il reste « Moto80 », un peu moins bien.

      Je te rejoins sur la qualité de MCN, très bon mag, bien présent également sur le web, avec notamment des vidéos de qualité.
      Outre-Rhin, ils sont pas mal non plus, j’apprécie « Touren Fahrer », un peu austère, mais avec un excellent contenu, il faut juste savoir lire l’allemand.