Déclic à Issoire: du blues au pur plaisir

Vivre la moto
// 07/10/2016
Circuit d'Issoire Mototour

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Ne me demandez pas d’explications trop complexes sur la nature humaine. Mon coup de blues au crépuscule mercredi avait laissé la place à une aube sereine jeudi matin. Peut-être la nuit de sommeil, courte mais profonde. Peut-être le plat de viande rouge de la veille, le premier repas chaud depuis le départ. Peut-être les retrouvailles avec mon pote Aurélien qui a rejoint le Mototour mardi seulement. Peut-être aussi la conscience que je n’ai pas le droit d’abandonner. Pour ma famille, pour vous, pour moi.

Les pilotes se régalent!

Les pilotes se régalent!

Tout s’est bien goupillé dès le départ. Un gars bénévole qui bosse pour l’organisation m’a tapé sur l’épaule au petit matin : « Je pars avec toi ». Un fabuleux poisson-pilote pour la première liaison jusqu’à Issoire. J’ai bu ses paroles, soigneusement noté ses conseils : « Mets plus de rythme dans les courbes », « Accélère sur les zones planes ». La moyenne horaire des liaisons est calculée entre 55 et 60 km/h, à première vue cela semble simple n’est-ce pas ? Et pourtant…

Sieste, paella et gaaaazzz

La route jusqu’au circuit d’Issoire était belle et large, on « enroulait », dans une campagne légère sur laquelle dansait un fin brouillard. 5°C, pas un de plus. Mais j’ai la chance d’avoir des poignées chauffantes sur la Katoche !

J’ai aimé cette journée sur le circuit. Le ras-le-bol et la fatigue se sont dissipés comme le brouillard matinal. J’ai aligné mes 6 tours de vitesse en m’amusant, même si ma moto n’est clairement pas une sportive. Ensuite j’ai aligné mes 25 tours d’endurance avec une fraîcheur dont j’ai été le premier surpris. L’ambiance est bonne, chaleureuse, même si, aujourd’hui encore, certains ont goûté au bitume sur chute.

Entre les deux sessions, j’avais dormi une petite demi-heure sur l’herbe après une bonne paella cuisinée pour tous les pilotes. Le moral s’était regonflé comme un spinnaker vent arrière. Attendez, j’ai même bouclé la deuxième liaison, le retour au Puy-en-Velay, avec 20 minutes d’avance ! J’ai beaucoup appris ces dernières 24 heures. Comment vous dire ? Après la vague d’émotions des premiers jours, j’ai senti un fleuve de sérénité et de calme en moi.

Mon road-book est enfin réparé

En soirée, j’ai passé un bon moment à l’assistance où un mécanicien m’a gentiment aidé à trouver une astuce pour réparer mon road-book. J’avais décelé que l’appareil n’avait plus de masse, alors j’ai shunté un fil, et je l’ai serré sur une vis du guidon dans le plus pur style Macgyver. Mon lecteur de road-book fonctionne à nouveau, idéal pour terminer ce rallye dans de meilleures conditions.

Soigner les motos, toujours, tout le temps.

Soigner les motos, toujours, tout le temps.

Ce fut presque une journée de repos. 380 kilomètres, « seulement » oserais-je ajouter. Je m’habitue à mes douleurs physiques, la douleur se fait une place sans trop de bruit; au début on proteste, ensuite on la supporte. Ce vendredi, petit-déjeuner à 5h30, puis 700 kilomètres en direction de Nice. Une longue étape où il faudra que je reste concentré pour éviter une erreur de pilotage. La fatigue est le pire ennemi du pilote, mais avec le temps elle finit par se faire oublier, elle devient ce supplément de bagage indésirable mais inéluctable, qui vous oblige à davantage d’attention encore.

Il reste deux jours de course. Tout a passé si vite. Les habitués des rallyes m’ont prévenu : « Tu verras Michel, après l’arrivée tu vas t’ennuyer ferme à Paris ! ».

Lire l’article précédent : «Après les volcans d’Auvergne, j’ai pensé abandonner… 

Lire l’article suivant: De la chute au finish, les dernières heures incroyables du Mototour

 

 

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5 commentaires sur “Déclic à Issoire: du blues au pur plaisir

  1. CritoF dit :

    Le moral à l’air d’être mieux, beaucoup mieux, tu as du aussi profiter de la journée pour te reposer un peu et faire descendre la pression. C’est un peu un rythme militaire, dès que tu as 30 minutes devant toi : tu dors car tu ne sais pas ce qu’il va t’arriver après.

    Bon maintenant que le moral est à nouveau bon, et que tu t’es fait des potes, et bien profites en à max (je rève moi aussi de faire ce genre de rallye mais je suis loin d’avoir le niveau) et amusses toi au guidon autant que tu le peux (reste vigilant tout de même ) !

    Michel : ride safe and have fun !

  2. Isa dit :

    Ah comme ça fait plaisir de lire un article avec le moral revenu à donf! En plus tu vas retrouver ton frère à Nice ce soir, ça va te donner des ailes!
    Belle expérience en tout cas, tu ne seras plus le même après.
    Avec les filles on a hâte de te retrouver! On t’embrasse très très fort!
    Isa, Ninon et Gabrielle

  3. Patrick SGT3R dit :

    C’est maintenant qu’il faut faire attention, la fatigue cumulée sur les premières épreuves peut te jouer des tours. Allez courage!

  4. calou dit :

    Hello Mich ne lâche rien tu arrive au bout de ton défi et c’est génial 🙂

  5. Jean-Noël dit :

    Superbe aventure, j’espère que tu aura récupéré l’usage de tes mains pour le TT.
    Bravo
    J-Noël