Après les volcans d’Auvergne, j’ai pensé abandonner

Vivre la moto
// 06/10/2016
volcans Mototour

« Pardon ? Je ne comprends pas. Qu’est-ce que vous voulez ? ». Hagard, les yeux perdus dans le vide, je regarde le gars qui me demande de changer mon transpondeur à l’arrivée au Puy-en-Velay. Je suis épuisé, mon cerveau n’arrive plus à connecter les mots. Je ne sais plus où je suis et je ne sais presque plus qui je suis.

J’étais debout à 6 heures ce matin, et demain le réveil sonnera à 5 heures. Je n’ai le temps de rien, pas même de me raser. J’aurais dû aller faire le plein, rouler mon road-book et préparer mes affaires, mais je me suis jeté sur le lit de ma petite chambre Ibis Budget face à la gare, les larmes aux yeux, avec cette maudite question qui repassait en boucle : « J’abandonne ou pas ? ».

Deux minutes de pause pour saluer les volcans d'Auvergne.

Deux minutes de pause pour saluer les volcans d’Auvergne.

Les potes de la Bandes des Katoches sont partis manger à la cantine. Moi je n’ai pas eu la force de reprendre la moto, j’ai trouvé un resto à côté de l’hôtel. Je suis descendu, j’ai dîné, et je suis remonté. Détruit, je suis détruit.

Personne ne respecte le code de la route

Encore 560 kilomètres aujourd’hui, des liaisons et 3 spéciales sur les routes spectaculaires qui montent et descendent les volcans d’Auvergne, le Puy Mary, le Lac du Pécheur… Il a plu en milieu de matinée, c’était humide, je n’ai pas pris de risques. Les plaques de gravillons sont partout, comme des pièges à motards prêts à se refermer. Il y a eu des chutes aujourd’hui. Oui, de la casse. A ce rythme-là on va finir à 50 à Nice.

J’ai encore pris une pénalité, mais je m’en moque éperdument. Je suis arrivé avec une heure de retard au départ de la troisième spéciale. Un pilote m’a expliqué que je ne roule pas assez vite sur les parties planes des liaisons. En fait, l’explication est la suivante : personne ne respecte le code de la route et les limitations de vitesse, c’est le seul moyen d’arriver à l’heure. Tous les néophytes comme moi sont en retard à chaque fois. Les vieux briscards foncent « full gaz » et se permettent d’arriver en avance.

Une organisation décevante

Je suis dans ma bulle, la galère quotidienne de la catégorie « solo ». Je croise rarement les pros qui ont le confort d’une assistance. Aujourd’hui ils rentraient au village au moment où je m’élançais pour la dernière spéciale…Certains disent que le niveau est trop élevé, ça finira par tuer la course. Ce jeudi on ira tourner sur le circuit d’Issoire, avec une épreuve de vitesse sur 6 tours et une épreuve d’endurance sur 25 tours. Je connais bien la piste.

Départ d'une spéciale.

Départ d’une spéciale.

L’enjeu de la compétition n’existe plus pour moi, mon objectif est simplement de finir la course. Je ne sais pas si demain matin à l’aube mes mains pourront encore s’ouvrir et se fermer, je ne sais pas si j’aurai la force de me lever, je ne sais plus grand-chose. Si j’avais un brin de force, j’irais faire un scandale auprès de l’organisation. On se sent complètement abandonnés, pour le prix d’engagement je m’attendais à autre chose. Et mercredi soir ils ont perdu un de mes trois sacs avec des affaires de moto, un jean et des baskets…

Ah, si seulement je pouvais déjà apercevoir le bleu de la Méditerranée à l’horizon pour retrouver le moral !

Lire l’article précédent: « Ce matin j’ai lâché le bol de café »

Lire l’article suivant: « Déclic à Issoire: du blues au pur plaisir »

Catégories
Vivre la moto

3 commentaires sur “Après les volcans d’Auvergne, j’ai pensé abandonner

  1. CritoF dit :

    Courage Michel, tu es presque au bout de ce rallye !
    Essayes d’en profiter au max avec les paysages, l’ambiance de la course et la passion 2 roues de certains comme toi !

  2. Xavier dit :

    C’est le moto tour !!! pas la balade du dimanche 😉
    C’est une course dure mais c’est pas nouveau
    Bon courage pour la suite

  3. Patrick Sgt3R dit :

    Tout SGT3R est derrière toi, nous te suivons au quotidien, ne lâche rien!