La moto fonce et…je n’ai plus de freins!

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// 01/10/2016
Frayeur avant le départ du Mototour: plus de freins!

Les amis, j’ai joué mon joker d’entrée, avant même le premier tour de roue officiel. Si je peux vous écrire ce soir de mon petit hôtel dans la banlieue est de Toulon, c’est que tout, fort heureusement, s’est bien terminé. Laissez-moi vous raconter cette péripétie en détails.

Départ de Nice samedi matin vers 8h15. J’avais peu dormi. Couché à minuit et demi, levé à sept heures. Mon frère, qui vit sur la Côte d’Azur, avait décidé de rouler à mes côtés jusqu’à Toulon. Autoroute A8. Une pluie fine commence à tomber.

Optimiste, j’étais parti en jeans. Je veux m’arrêter pour me changer…plus de freins ! La moto trace son chemin à pleine vitesse sur l’asphalte détrempé. Je me débrouille pour ralentir avec le frein moteur. Nous sortons à la première station-service.

Numéro 86, prête au départ!

Numéro 86, prête au départ!

Un problème de durite sous le boîtier ABS

Quelle frayeur ! Mon frangin et moi regardons la moto : une fuite d’huile sous l’amortisseur arrière attire notre attention. J’avais adapté une durite qui, manifestement, était trop en pression sous le boitier ABS arrière.

Je suis verni, la panne de freins s’est produite au meilleur endroit possible, sur une ligne droite de l’autoroute ! Quand je pense qu’hier j’ai roulé en attaquant dans les descentes des cols niçois et que demain trois spéciales m’attendent…

On a réglé le problème en découpant le boîtier ABS sous la selle où la durite vient se brancher. Libérée de toute pression, on a pu la revisser. Ensuite j’ai purgé et remis du liquide de frein.

Les mécanos de l’assistance ont tout vérifié cet après-midi. Les freins semblent fonctionner parfaitement désormais. J’ai fait deux ou trois essais à bloc. Mais voilà, l’ABS ne fonctionne plus. Ce n’est pas vraiment un problème en course, mais psychologiquement toute cette affaire va laisser des traces. Je ne sais pas encore si je réussirai à faire abstraction du doute latent, à débrancher.

Déjeuner sous une paillote en bord de Méditerranée.

Déjeuner sous une paillote en bord de Méditerranée.

Quelles seront les conséquences psychologiques de cet incident?

Remis de mes émotions, après un déjeuner sympa dans un petit resto du bord de mer, j’ai passé le samedi après-midi à faire la queue avec 150 pilotes pour régler les questions administratives. Des photocopies de documents, de permis de conduire etc…à présenter aux contrôleurs. J’avais une crainte : que la Katoche ne passe pas le test du sonomètre. Elle fait un bruit d’enfer ! Heureusement, elle est passée.

L’ambiance est sympa, tous les gars inscrits comme moi dans la formule solo partagent leur expérience, leur stratégie de course. On est solidaires. J’aime ça. On rigole, on se raconte des histoires comme autrefois les voyageurs à la table d’une auberge.

Ce dimanche, 200 kilomètres au programme distribués en trois spéciales. Une fois cet article posté, je referme mon ordi et je dors. Le pilote qui doit partager ma chambre sur le reste de la compétition loge ailleurs avec sa femme avant le départ. Moi je suis déjà dans la course. Place aux rêves, pour le cauchemar j’ai déjà donné, ce matin sur l’autoroute.

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Le contrôle technique, dernières vérifications avant le départ.

Le contrôle technique, dernières vérifications avant le départ.

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