Comment j’ai appris à freiner à moto !

Vivre la moto
// 24/12/2012

J’ai parfois des clients qui me disent qu’ils freinent plus de l’arrière que de l’avant. C’est souvent des scootéristes qui sont passés de l’auto au scooter sans trop de formation ou des jeunes permis qui sortent de la moto-école. Moi le premier, en sortant de la moto-école, je ne savais pas freiner. Je ne dis pas que mon freinage est maintenant parfait, je dirais juste que j’ai un peu plus d’expérience et que j’ai envie de partager avec vous mon apprentissage. Le meilleur freinage restera toujours l’anticipation 🙂

La formation en moto-école est très théorique. On vous apprend à faire des freinages d’urgence de manière mécaniques : bitume nickel, rien d’imprévisible, démarrage à un point A, arrêt à un point B. Vous avez même le droit de caler si mes souvenirs sont bons.

Mes premiers freinage :

J’ai acheté ma première moto neuve, une Kawasaki ZR7 N. Elle était grise avec un Top Case mais je n’ai plus de photo !

Kawasaki ZR7 N

Je me souviens très bien de mes premiers arrêts derrière les voitures au feu rouge où je me faisais la réflexion mais cela ne freine pas une moto ! Je me rappelle aussi de quelques blocages de roues arrières intempestifs dont un mémorable prés de la porte de Pantin devant un piéton qui était caché par un bus.

Le constat après quelques milliers de kilomètres :

Après quelques milliers de kilomètres en zone urbaine,  je décide d’aller appréhender les grands espaces, direction les Alpes. Avant de partir, je contrôle mes plaquettes arrière,  et là,  à ma grande surprise les plaquettes arrières sont « mortes ». J’ai donc dû les changer avant de partir. En discutant avec le mécano, le constat est sans appel, je freine de l’arrière et pas suffisamment de l’avant.

Le vrai apprentissage :

J’ai donc commencé à écouter les conseils de motards expérimentés. Le freinage c’est 70% à l’avant et 30% à l’arrière en moyenne. C’est l’avant qui arrête la moto. Je me suis donc entraîné à saisir le levier avec fermeté et à relâcher lentement ensuite.

Le plus naturel pour moi est de saisir le levier avec 2 doigts.  J’ai une meilleure sensibilité du freinage mais je pense que cela doit varier selon les individus.

Je décomposerai le freinage de la manière suivante :

– Une première étape où on saisit le levier et on sent que la moto commence à freiner.

– Une seconde étape on tire le levier fortement pour arrêter la moto. Je me recule un peu sur la selle comme en VTT, je plaque mes genoux contre le réservoir pour éviter de basculer en avant mon poids et je regarde loin devant moi.  A ce stade la moto a bien plongé de l’avant et la fourche s’est fortement enfoncée. Quand on regarde les motos sur piste, on a l’impression qu’elles ont perdu plusieurs centimètres 🙂

– La dernière étape, on soulage un peu le levier pour éviter le blocage de la roue et on attend que la moto s’arrête avant de tout relâcher.

Si je raisonne en pourcentage, cela donne :

– 1ère phase :20% de freinage (c’est une phase ultra courte… 1 seconde maxi),

– 2ème phase : 100% du freinage ( c’est une phase qui doit durer selon moi 2 secondes environ mais pas bien plus pour éviter de bloquer la roue avant)

– 3ème phase : 80% du freinage (jusqu’à l’arrêt total de la moto)

Je me suis entraîné à répéter cette décomposition pendant des mois. Les routes sinueuses pendant mes ballades m’ont bien aidé. J’ai complété l’expérience route avec un stage piste sur un Week-end avec l’école de pilotage moto BMC (c’était mon cadeau pour mes 30 ans, c’est déjà loin tout ça…)

Le blocage de la roue avant dans tout ça :

J’ai mon permis moto depuis maintenant 13 ans et j’ai finalement fait peu de blocage de la roue avant.  Mes expériences de blocages et les enseignements que j’en ai retiré.

Sur route sèche :  J’ai fait un seul blocage. C’était sur le périphérique parisien en interfile. La circulation s’est arrêtée brutalement et un automobiliste  a décidé de changer de voie à ce moment là. J’ai fait un joli « Stoppie » sans le vouloir.

Source : Wikipédia

J’ai relâché le frein et la moto est retombée gentiment sans que je chute.  En fait, c’est ce qui arrive quand on saute la première étape décrite précédemment. L’attaque du levier en 2 étapes est essentielle pour éviter le blocage et la position sur la moto calée en arrière avec les genoux plaqués contre le réservoir. Lors de cet arrêt, je sais que je n’ai pas bien serré le réservoir car mes parties intimes s’en souviennent encore.

Sur route humide et dégradée : j’ai fait plusieurs blocages.

> Un freinage sur le bas de l’avenue des Champs Elysée à un feu rouge  : humidité + pavée. Heureusement, je roulais au-dessus de 30 km/h, j’ai donc eu le temps de sortir le pied et de redresser la moto. Mon conseil dans ce cas là est d’ essayer de frapper la chaussée avec le pied à plat et le plus droit possible afin d’éviter de vous exploser la cheville. C’est là que vous serez content d’avoir à vos pieds des bottes de moto.

> Un freinage sur route de campagne en entrée de virage avec du sable.  J’ai eu la même réaction que sur les Champs Elysée et la même chance de rattraper la moto.

> Un freinage à un feu rouge un matin pas bien réveillé à Clichy (92). Une maman traverse en courant avec son gamin au feu vert alors que la circulation démarrait. Je n’ai pas eu le temps de comprendre ce qu’il se passait. Je me suis retrouvé au sol sur le cul et la moto couchée dans le carrefour.  Après analyse, la chaussée était humide, je venais de quitter mon domicile (pneus et freins froid), je roulais à -30 km/h et le pilote n’avait pas pris son café 🙂 L’expert me dira plus tard que mon pneu avant était à changer. Son usure était anormale.

Je vous conseille pour compléter cet article, celui de Fabien LECOUTRE (FlatFab) : Freiner à moto (et en scooter) dans son blog Passion Moto Sécurité. Vous trouverez dans son blog une mine d’information pour mieux appréhender votre pratique du 2 roues à moto ou à scooter.

Je vous ferai en janvier un petit tuto sur le changement des durits aviation et le remplacement de vos plaquettes. Pour bien s’arrêter, il faut pouvoir bien freiner ou comme le dit la pub Kawasaki : roulez vite, freinez encore plus vite !

Pub-Kawasaki-Ninja

 

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5 commentaires sur “Comment j’ai appris à freiner à moto !

  1. Jean-Marc Leger dit :

    Juste l’histoire des 2 doigts… éventuellement ok pour la sensibilité en revanche, la puissance se fait avec les 2 doigts qui ne sont pas sur la poignée de frein, là où le bras de levier est le plus grand !!! On a donc plus de puissance avec l’auriculaire qu’avec l’index. De plus les 2 doigts manquants peuvent empêcher l’écrasement de la poignée de frein surtout avec des gros gants…
    je dirais donc freinage à 4 doigts et un poil de l’arrière pour asseoir la moto 😉

  2. wavecult dit :

    Non, non, 2 doigts, c’est très bien ! Il est parfaitement possible d’aller chercher le levier de frein à son extrémité pour avoir un maximum de puissance, simplement avec 2 doigts, autorisant alors un dosage optimal. Les autres doigts ne gênant absolument pas, au contraire, ils permettent de conserver un maximum de contrôle de la moto et de parfaitement couper les gaz.
    Quand je vois des motards empoigner le frein et l’embrayage à pleine main (4 doigts), ça me fait mal …

  3. Ted Monas dit :

    Hey salut aux lecteurs de ce blog ! Au plaisir de vous lire, c’est un plaisir pour les yeux ! Merci.

  4. toto dit :

    Jamais a 2 doigts ! J’ai un ami qui a cartonné, le levier de frein lui a coupé les deux phalanges des doigts qui étaient restés sur la poignée !
    Si vous faites le test avec 2 ou 4 doigts on se rend bien compte qu’on maitrise mieux a 4, meilleure préhension et plus de puissance.

    Et l’argument de 2 doigts pour parfaitement couper les gaz, j’y crois pas, perso quand je freine la paume appuie sur la poignée ce qui empeche de mettre du gaz.

    Il me semble aussi que les moto école nous apprennent a freiner avec les 4 doigts, c’est pas pour rien !

  5. Tim@simulation credit auto dit :

    Perso c’est vrai que souvent je freine ‘mal’, je vais essayer la technique avec deux doigts mais il va falloir du temps pour que ca devienne naturel. C’est vrai que pour le permis on ne s’occupe pas trop de ca